Méry tire son origine des bois qui l’entouraient. En 862, sous le règne de Dagobert, un règlement des moines de l’Abbaye de Saint-
Denis autorise les charpentiers à exploiter les bois pour les constructions. À cette époque, les communautés bénédictines étaient
nombreuses, opulentes et florissantes, sous l’influence de la puissante abbaye de Saint- Denis ; d’où le vocable de l’église de Méry.
Les invasions normandes ayant décimé les lieux, c’est en 1485 que Charles d’Orgemont, trésorier du roi Charles VII, redonne son éclat à l’ancien château, "une maison de campagne". Il réunit ses propriétés de Méry et sa seigneurie de Mériel et reconstruit l’église ruinée pendant la guerre de Cent Ans.
L’histoire de l’église et celle de son château sont étroitement liées. La chapelle seigneuriale donne directement accès au château où se sont succédé les familles prestigieuses, à commencer par les d’Orgemont, dont un fils fut échanson du Roi, qui y reçurent Henri IV. Mais les guerres de religion font rage, et en 1589 la région est à nouveau dévastée dont l’abbaye de Maubuisson. L’abbesse bénédictine est recueillie au château.
À partir de 1597, Antoine de Saint-Chamans entreprend la remise en état de l’église. Puis Samuel Bernard, banquier de Louis XIV, et
plus tard les hautes familles de magistrats, les Molé, les Lamoignon y assistent aux offices. À la Révolution, Édouard François est arrêté, emprisonné et guillotiné le 20 avril 1794 ; son épouse, Louise de Lamoignon, dépouillée de tout, survit douloureusement avec les deux enfants qui lui restent, dans son domaine grandement détruit, jusqu’au mariage discret de sa fille Félicité dans l’église avec Christian de Lamoignon, un oncle éloigné.
Félicité et son mari entretiennent les lieux : château et église. Leur fille épouse Adolphe de Ségur dont le père était ambassadeur de Louis XVI en Russie, puis grand maître de Napoléon. Sans enfant, ils transmettent leurs biens à leur neveu, Eugène de Ségur, époux de la comtesse née Rostopchine. Leur succède Edgard, un de leurs huit enfants, et sa descendance, qui seront propriétaires du domaine jusque dans les années 1970.
Orientée Est-Ouest, outre la nef de six travées, l’église n’a qu’un seul collatéral et une chapelle seigneuriale dans l’unique bras nord-est du transept, ce qui la rend originale. Construite dans le style gothique flamboyant fin XVe siècle, ses arcades et chapiteaux sont Renaissance. Le clocher est daté du XVIe siècle par les Bâtiments de France. Le chevet de l’église est quant à lui du XVIIe siècle. À l’intérieur, à l’ouest, on peut y voir notamment un vitrail du maître verrier Max Ingrand installé dans la 2e moitié du XXe siècle. Depuis la Révolution française, l’église est Bien National et elle est inscrite aux Monuments Historiques depuis 1915. C’est un lieu de culte catholique, toujours en service.
(Source et documents : histoire seigneuriale de Méry-sur-Oise. Edgard de Ségur-Lamoignon et Joseph Depoin, Connaissance des Arts H.S. n°151)
Plus d'informations auprès de l'association Les Amis de Saint-Denis : amisdesaintdenis@gmail.com